Le bien-être animal (BEA) au service de l’éthique, mais aussi de l’agriculture durable

Fin 2020, près de trois quarts des Français disaient attendre des mesures en faveur du bien-être des animaux d’élevage. Aujourd’hui, 85 % d’entre eux sont favorables à l’interdiction de l’élevage intensif. Indéniablement, il existe une véritable attente sociétale sur le bien-être des animaux d’élevage. L’enjeu est éthique, mais pas seulement, puisque le BEA est une composante phare de la quête d’une agriculture et d’une alimentation plus durables. Décryptage…

4 manières dont le bien-être animal contribue à une agriculture plus durable

La pensée philosophique a très tôt cherché à comprendre et à définir notre relation avec le règne animal. Aristote et Plutarque se sont interrogés, dès l’Antiquité, sur la sensibilité et l’intelligence des animaux, jetant les bases d’une réflexion éthique sur notre responsabilité envers les êtres non humains qui a perduré tout au long de notre ère.

Mais l’aspiration au bien-être animal n’est pas seulement motivée par l’éthique et la morale. En réalité, le BEA est un critère indissociable de la quête d’une agriculture plus durable, plus respectueuse de l’environnement et capable de répondre aux défis alimentaires de la croissance démographique.

En effet, les animaux en mauvaise santé ont un rendement suboptimal, nécessitent des ressources supplémentaires pour produire moins, tout en augmentant les risques sanitaires pour les consommateurs et l’écosystème.

La prise en compte du bien-être animal n’est donc pas uniquement un choix moral, mais aussi un impératif économique et écologique. L’effort de sensibilisation, qu’il provienne des pouvoirs publics ou des acteurs associatifs, doit compléter son argumentation éthique par ces éléments pragmatiques afin de susciter l’adhésion.

Dans un monde où les ressources sont limitées et où la demande alimentaire ne cesse de croître, chaque décision prise dans les élevages a des répercussions sur les animaux, sur la viabilité de nos systèmes agricoles et sur la pérennité de notre approvisionnement alimentaire.

Les cinq points qui suivent démontrent concrètement en quoi le bien-être animal est un levier pour garantir une alimentation durable pour l’avenir.

Le stress perturbe le métabolisme et l’immunité.

Le stress provoque la sécrétion de cortisol, une hormone qui peut perturber le métabolisme basal de l’animal et augmenter ses besoins énergétiques.

Une étude montre par exemple que le stress thermique chez le poulet entraîne des modifications dans son comportement alimentaire et son métabolisme énergétique : il mange moins tout en dépensant davantage de calories.

On notera également une baisse de l’efficacité de la conversion alimentaire, c’est-à-dire que l’animal ne convertit pas efficacement ce qu’il mange en masse corporelle. Sur le long terme, il faudra plus de

ressources (aliments, eau, terres) et plus de temps pour une unité de produit en comparaison avec un animal « serein ».

De même, un état de stress chronique va provoquer des anomalies dans la sécrétion de cytokines, des protéines essentielles à la communication entre les cellules immunitaires. Avec un système immunitaire affaibli, l’animal est plus exposé aux infections, et dans l’environnement confiné des élevages industriels, les pathogènes peuvent se propager rapidement. La réponse va le plus souvent consister à recourir aux antibiotiques, parfois à l’excès, au risque de voir émerger des souches bactériennes résistantes.

Ce phénomène de résistance a des implications directes pour la durabilité de l’élevage, comme le montre cette autre étude.

  • Premièrement, la résistance aux antibiotiques augmente le coût de traitement, car il faudra sortir des antibiotiques courants ou recourir à des combinaisons de médicaments pour traiter les infections ;
  • Ensuite, la présence de bactéries résistantes dans l’environnement agricole peut se propager à l’environnement plus large et même aux êtres humains, avec un sérieux risque pour la santé publique ;
  • Enfin, la perturbation des écosystèmes locaux par la surutilisation d’antibiotiques compromet leur capacité à soutenir la vie et à fournir des services écosystémiques essentiels.

Le bien-être animal et le taux de survie

Lorsqu’une volaille meurt prématurément dans un élevage, toutes les ressources qui ont été investies dans son élevage, à savoir l’eau, la nourriture, l’espace et l’effort de l’éleveur sont perdues sans avoir abouti à un produit final.

Un taux de mortalité anormalement élevé se traduit par une augmentation de l’empreinte carbone et de l’utilisation de l’eau par unité de viande produite. Ainsi, pour produire la même quantité de viande, davantage de terres agricoles sont nécessaires, entraînant une pression accrue sur les écosystèmes et la biodiversité.

La gestion des effluents et leur impact sur l’eau

Les élevages qui tiennent compte du bien-être animal génèrent le plus souvent moins d’effluents concentrés, dans la mesure où ils sont généralement moins intensifs. Les élevages de volailles en plein air, par exemple, dispersent les déjections sur une plus grande surface, réduisant ainsi le risque de pollution des eaux souterraines et des cours d’eau.

Notons aussi qu’un élevage « non intensif » nécessitera moins d’intrants (nourriture, eau) par unité produite, ce qui peut réduire le ruissellement des nutriments et des polluants.

Moins de pression sur les ressources terrestres

A cheptel égal, les élevages qui prennent en compte le bien-être animal auront besoin de plus de terres par unité produite afin de permettre à l’animal de se déplacer, d’explorer et d’exprimer son comportement naturel. Cette contrainte s’accompagne toutefois d’un avantage non négligeable pour la durabilité : les terres sont mieux préservées pour trois raisons.

  1. En dispersant les volailles sur une plus grande surface, leurs déjections sont réparties de manière plus équilibrée, ce qui évite la surconcentration qui a un impact négatif sur la santé des sols et leur capacité à nourrir la flore.
  2. Lorsque les volailles sont entassées dans des espaces confinés, le sol peut être compacté en raison de l’activité animale constante et concentrée. Un sol compacté ne pourra pas absorber l’eau de manière efficace, ce qui peut augmenter le ruissellement et l’érosion.
  3. Lorsque l’espace d’élevage est suffisamment grand, les déjections des volailles peuvent se décomposer naturellement et devenir une matière organique pour le sol, améliorant ainsi sa structure, ses qualités nutritives et sa capacité à retenir l’eau.

Gastronome Professionnels, des solutions volaille alignées sur les valeurs et convictions de vos convives

Émanation de l’esprit coopératif de Terrena auprès des chefs de la restauration, Gastronome Professionnels œuvre à redonner du sens à l’alimentation. Notre engagement coopératif s’appuie sur quatre piliers :

  1. Soin de la nature, avec des produits et solutions-produits éco-responsables. Les agriculteurs, techniciens et ingénieurs de la société coopérative Terrena s’emploient, au quotidien, à améliorer notre empreinte environnementale ;
  2. Alimentation de qualité, avec des produits bons, naturels, sains et 100 % traçables ;
  3. Bien-être animal: nos éleveurs respectent un cahier des charges exigeant et participent à un plan de progrès sur le bien-être animal pour une meilleure prise en compte du comportement naturel des animaux ;
  4. Économie agricole vertueuse: Faire partie de Galliance, premier groupe coopératif volailler français, fait de Gastronome Professionnels un acteur engagé dans l’économie des territoires.

A travers une offre diversifiée et alignée sur les grands enjeux de notre siècle, Gastronome Professionnels vous aide à servir à vos convives une assiette en phase avec leurs valeurs et leurs convictions, notamment en matière de BEA. Découvrez nos responsabilités.

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