image-2

Alimentation durable : Les millenials bousculent tout sur leur passage

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une étude ne décortique les habitudes alimentaires des jeunes trentenaires, appelés aussi millenials ou « génération Y ». Décrypter leurs comportements alimentaires est un enjeu majeur pour tous les professionnels du secteur, car ces derniers représenteront d’ici 2020 la moitié de la population active. Rencontre avec ces adeptes de la Food Tech qui bouleversent tous les codes établis depuis des décennies par leurs ainés.

3,8 repas par jour

Le schéma classique très français entrée-plat-dessert ne fait plus recette auprès des millenials. L‘étude Kantar Panel réalisé en 2017 le démontre chiffres à l’appui. Selon elle, 20% des repas comportent une entrée, 30% du fromage et 67% un dessert. Des repas donc concentrés sur le plat unique.

L’apéritif est toujours très apprécié mais se transforme en apéro dinatoire. De la génération précédente, les millenials conservent l’envie de s’installer autour d’une table pour prendre leurs repas.

Le snacking continue malgré tout de progresser chez les 18-35 ans le midi comme le soir, selon l’Etude Food Service Vision. Cela représente 29% de leurs usages hors-domicile, pour une dépense moyenne de 43 € par mois. En multipliant les pauses snacking en dehors des repas, la prise de repas grimpe à 3,8 par jour.

Cette génération passe en revanche peu temps à cuisiner, préférant les livraisons à domicile. Plus de la moitié en a déjà fait l’expérience, dont 61% des 18-24 ans.

 Alimentation durable : Les millenials bousculent tout sur leur passage

Green food et petits plaisirs

Autre tendance portée par ces millenials, le besoin d’un certain retour au naturel, confortés par les scandales sanitaires qui ont touché le secteur de l’agroalimentaire. Ils sont par conséquent locavores, privilégient les produits bio, durables, « sans » (gluten, additifs, colorants, conservateurs…) et équitables. Une quête de transparence à laquelle les industriels savent qu’ils doivent répondre, car il est aujourd’hui facile pour cette génération hyper connectée de se renseigner sur la provenance de produits comme les conditions d’élevage des animaux.

Elle plébiscite logiquement les produits d’origine France et n’hésite à lire les étiquettes, avant un acte d’achat. La juste rémunération des éleveurs est une autre de ses préoccupations. C’est pour cette raison qu’elle se tourne volontiers vers le système des coopératives.

Kevin Camphuis – Cofondateur de Shake Up Factory n’hésite pas à affirmer « en termes de tendances, c’est très positif : on mangera mieux demain car les millenials sont nés pendant la crise environnementale et ils sont donc sensibles à ces enjeux. » Les millenials ont besoin que les marques s’engagent. Ils veulent qu’elles répondent à leurs envies : Bio, Durable, Equitable, « Sans » gluten, « Sans » colorants etc… autant de buzzwords qui suscitent leur intérêt et symbolisent une génération en quête de simplicité, de transparence, d’empathie et de compassion.

Jamais sans mon smartphone

Société de l’immédiateté oblige, les millenials attendent donc de la restauration qu’elle soit tout aussi connectée afin de répondre à ses attentes, comme les technologies sur table (pour passer commande, jouer ou payer l’addition) ou le paiement par mobile. Lorsqu’ils font leur courses, smartphone à la main, ils traquent les étiquettes des produits les plus sains possibles. Une nouvelle technologie qui arrive dans les assiettes. Une application développée par une start-up française est capable de donner le nombre de calories du plat que vous venez de photographier. Et pourquoi pas de le partager sur les réseaux sociaux,  après bien entendu avoir choisi le restaurant en pianotant sur la toile et vérifier son e-réputation ? Toutes ces pratiques impliquent une transformation de toute la chaine alimentaire. Les opportunités sont bien là. Il s’agit de ne pas rater le virage de la Food Tech, car on sait qu’un consommateur conserve son comportement d’achat même lorsqu’il change de génération.

Le consommateur dispose de nombreux outils pour tracer l’origine et l’histoire du produit comme l’application My Food Story. En un scan, apprenez d’où vient votre produit, de la fourche à la fourchette, et mettez un visage sur les personnes qui s’en sont occupé avant d’arriver dans votre assiette. Dans le même temps, les applications (Yuka, Kwalito, Foodvisor…) pour mieux manger se multiplient, elles permettent de consommer de saison ou local et responsable tout en permettant de rééquilibrer ses repas.

Une façon de prendre le contrôle sur son alimentation, qui n’en est certainement qu’à ses débuts.

Découvrez nos derniers articles

Le bien-être animal (BEA) au service de l’éthique, mais aussi de l’agriculture durable

Le bien-être animal (BEA) au service de l’éthique, mais aussi…

Fin 2020, près de trois quarts des Français disaient attendre des mesures en faveur du…

Gaspillage alimentaire : état des lieux et pistes d’action pour la restauration collective et commerciale

Gaspillage alimentaire : état des lieux et pistes d’action pour la…

Face à l’ampleur du gaspillage alimentaire, chaque gramme compte, et une part non négligeable de…

Transformation Alimentaire : le duo ONU – Startups aux manettes

Transformation Alimentaire : le duo ONU – Startups aux manettes

L’alimentation et l’agriculture occupent une place de choix dans la feuille de route pour l’atteinte…